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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 21:27

Article paru dans FO Hebdo 3101

C’est un royal cadeau que le gouvernement a fait aux patrons du bricolage en publiant un décret, le jour de la Saint-Sylvestre, les autorisant à déroger au repos dominical. Du moins jusqu’au 1er juillet 2015, avant une remise à plat de règles jugées trop confuses par ce même gouvernement. Un provisoire qui peut aussi durer le temps nécessaire à l’installation de mauvaises habitudes. Le ministre du Travail n’a même pas attendu les négociations sur les contreparties à prévoir pour les salariés travaillant le dimanche et qui ont démarré le 9 janvier. FO et la CGT ont fait savoir qu’elles ne signeraient pas l’accord. «C’est open bar et l’on rase gratis», s’insurge la Fédération FO des Employés et Cadres, qui voit dans ce décret «la première pierre du rapport Bailly lancée sur les salariés». 

RAPPORT BAILLY: LÉGALISER L’ILLÉGAL 

C’est en octobre dernier, après une fronde très orchestrée des Bricoleurs du dimanche, que Jean-Paul Bailly, ancien P-DG de la RATP et de La Poste, a été sollicité par le gouvernement en vue de «clarifier le cadre juridique» du travail dominical. Dans son rapport remis le 2 décembre, il énonce d’emblée que «la spécificité du travail du dimanche doit être respectée», tout en préconisant une évolution de la réglementation qui conduirait en fait à légaliser les pratiques illégales. Ainsi, de cinq ouvertures autorisées par an on passerait à douze –sept fixées par le maire et cinq par le commerçant–, le souci de simplification risquant surtout d’étendre les dérogations. 

Comme le souligne FO, il s’agit moins de répondre au besoin du consommateur pressé d’acheter un marteau le dimanche, que de permettre à Leroy Merlin, Castorama et Bricorama de continuer à prendre des parts de marché aux petites enseignes et aux commerces indépendants, voués du même coup à disparaître. 

Marie-Laure Schisselé

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