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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 16:18
ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 28 OCTOBRE 2009

Le Parlement vient de commencer l’examen du projet de budget 2010.

Ce projet épargne très largement les entreprises en réduisant leur fiscalité (moins 11 milliards d’euros en 2010 pour la taxe professionnelle). Il épargne aussi largement les banques, qui ne sont même pas mises à contribution après avoir été massivement aidées par les fonds publics et qui accroissent fortement leurs profits.

Il n’épargne pas les collectivités territoriales, qui s’inquiètent à juste titre du manque de recettes lié à la suppression de la taxe professionnelle.

Il n’épargne pas non plus les travailleurs, qui auront à payer la taxe carbone et qui demeurent confrontés aux questions cruciales de pouvoir d’achat, d’emploi et de stress au travail.

L’accroissement du déficit budgétaire (8% du PIB) et de la dette publique (77% du PIB) lié à la crise sera le débat essentiel des mois à venir. Que se passera-t-il quand les experts économiques et les pouvoirs publics décréteront la fin de la récession?

Déjà des voix s’élèvent pour dire qu’il faudra rapidement réduire les déficits publics et sociaux, et programmer le zéro déficit budgétaire et la diminution de la dette publique.

On commence à dire également que la Commission européenne devrait épingler et sanctionner la France pour déficits excessifs. Et au plus haut niveau de l’État, on nous répète qu’il n’est pas question d’augmenter les prélèvements (c’est-à-dire les recettes). Dans ces conditions, il y a fort à craindre qu’après avoir lourdement subi la récession, les travailleurs soient les seuls mis à contribution quand la croissance reprendra.

Dans le collimateur, on trouve les droits sociaux (retraite, maladie, famille, chômage) et l’existence des services publics.

D’autres rappellent l’urgence de la flexibilité et de la compétitivité, ce qui signifie la «modération salariale». Si tel était le cas, cela signifierait que la logique à l’œuvre avant la crise reprendrait de plus belle après la récession. Ce qui voudrait dire qu’aucune leçon n’aurait été tirée, confirmant la formule du financier américain Warren Buffet: «La lutte des classes existe et les riches sont en train de la gagner.»

Depuis plusieurs mois, nous tirons la sonnette d’alarme, y compris en revendiquant une grande réforme fiscale.

Nous savons que la sortie de récession sera le moment de tous les dangers.

Il y a des limites à tout.

Dans un tel cas de figure, nous aurons la responsabilité d’expliquer aux travailleurs la nécessité de refuser l’inacceptable.



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