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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 21:39
Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2918

Tous les ans, les polytechniciens fonctionnaires de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) dressent le portrait social de la France.

En cette période de crise du capitalisme, ce rapport appelle à une attention toute particulière. Cela dit, les scientifiques de l’INSEE évoquent et interprètent leur constat par thèmes économiques et sociaux et en chiffres moyens, ce qui révèle une tendance sans toutefois approcher la réalité du quotidien. Mais il s’agit là de la règle du jeu. Apprendre, par exemple, que l’espérance de vie des hommes est de 77,5 ans et que celles des femmes est de 84,3 ans sur la base de données indiscutables n’empêche pas, dans la vie quotidienne, de connaître un parent, un ami homme de 95 ans ou, inversement, la perte d’une parente ou d’une proche âgée de 60 ans. Une fois cet adage posé, le rapport met en évidence une augmentation du chômage, un pouvoir d’achat stagnant, une instruction différente selon l’origine sociale de l’élève. L’INSEE prévient, son rapport 2010 sera plus complet car «l’ensemble des effets de la crise ne se verra que dans la durée». Toujours est-il que l’institut constate un chômage passé de 7,1% à 9,1% de la population active sur un an, touchant 2,6 millions de personnes. À la mi-2009, le chômage des jeunes atteignait 23,9%: «Le taux le plus élevé depuis plus de trente ans.» Ou bien encore que le nombre de personnes sans emploi a augmenté de 30% en un an et demi. Quant au chômage partiel, il a été plus que décuplé en un an, pour atteindre 320 000 personnes au deuxième trimestre 2009.

En ce qui concerne le pouvoir d’achat, l’INSEE inter-prète bien une stagnation de l’évolution des prix, mais aussi un pouvoir d’achat qui, en moyenne, ne bouge pas. Cela s’explique par «l’accroissement des prix des produits frais», et par les «hausses saisonnières dans les services, au total supérieures à la baisse des prix des produits manufacturés et pétroliers». Non seulement les salaires n’augmentent pas, mais encore le nombre de personnes en situation de découverts bancaires ou ne pouvant pas boucler le mois est en hausse significative.

Quant à la redistribution des richesses, l’écart se creuse: les 20% des personnes les plus riches gagnant 7,5 fois plus que les 20% des plus modestes. Après transferts, ce rapport passe à 4,1.

Cela fait dire à l’étude que «les prélèvements ne contribuent pas à la réduction des inégalités de niveau de vie».

Dit autrement: la fiscalité entretient la mauvaise répartition des richesses. L’étude traite aussi de la démographie et de l’inégalité réelle pour l’instruction des enfants. Ce rapport annuel corrobore en tous points le point de vue économique et social de Force Ouvrière: il faut une augmentation des salaires et des retraites, et une véritable réforme de la fiscalité pour relancer la consommation et mieux répartir les richesses
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