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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 15:07
Article paru dans 'Le Monde".

Des masques pour tout le monde... sauf pour les salariés du fabricant 3M
LE MONDE | 12.10.09 | 17h55  •  Mis à jour le 12.10.09 | 17h55

l n'y en aura pas pour tout le monde ! La direction de 3M France, fabricant de masques respiratoires, n'a pas prévu d'en équiper tous ses salariés en cas de pandémie grippale. Sa commande totale est aujourd'hui de 120 000 masques, passée aux usines 3M de Grande-Bretagne.

 

Or, en France, l'effectif du groupe est de 3 000 salariés, répartis sur treize sites. Si la pandémie devait durer huit semaines, il en faudrait le double, chaque personne devant en principe recevoir dix masques par semaine. Et plus encore si la pandémie durait douze semaines. "Une société qui produit des masques devrait quand même pouvoir en doter tous ses salariés, y compris durant les trajets !", s'insurge Christophe Bignier, secrétaire CFE-CGC du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du siège, à Cergy-Pontoise (Oise).

En réalité, la direction du groupe "avait initialement prévu 220 000 masques", témoigne M. Bignier. Le problème, c'est qu'elle a passé tardivement commande. Conséquence : elle n'a pas été servie en priorité. Et mi-septembre, elle n'avait qu'un stock de 40 000 masques. Du coup, elle a réduit sa commande totale à 120 000 masques.

Mais, même pour parvenir à ce total, 3M semble à la peine. Les livraisons s'effectuant depuis mi-septembre au rythme de 5 000 par semaine, seize semaines sont nécessaires pour disposer des 80 000 masques restants.

La direction conteste être en retard. "Nous avons bâti un plan de continuité de l'activité (PCA) professionnel et responsable, assure-t-elle. Nous serons en mesure de tenir huit semaines, et même douze, et d'équiper les salariés fragiles." L'information qui permettrait de le vérifier est le nombre de personnes que 3M compte doter de masques. Mais la direction refuse de fournir cet élément, indiquant que seront équipés les personnels "en contact direct avec l'extérieur, tels que les forces de vente et les salariés qui reçoivent les transporteurs de marchandises".

Un projet de télétravail

"Rien ne prouve que ces derniers sont prioritaires, puisqu'ils n'apparaissent même pas dans le PCA !", déplore Alain Doublet, membre FO du CHSCT de l'usine de Beauchamp (Oise). Selon lui, les mesures organisationnelles du PCA de ce site "ne portent que sur le télétravail, les chefs et les techniciens de flux. La continuité de la production n'a pas été étudiée". Résultat : le CHSCT n'a pas rendu d'avis sur le PCA, obligeant ainsi la direction à lui présenter un nouveau plan, le 15 octobre.

A Cergy, c'est le projet de télétravail qui est grippé. Le CHSCT veut un accord global, "sinon, précise M. Bignier, après la grippe A, le télétravail risque d'être institué, voire étendu à des conditions non négociées". La direction, qui refuse une telle négociation, représentera au CHSCT un projet le 19 octobre.


Francine Aizicovici
Article paru dans l'édition du 13.10.09
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