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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 10:02

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 2 MARS 2011.

 

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, n’en rate pas une. Il a, la semaine dernière, qualifié de bêtise les augmentations de salaires.

Selon M. Trichet, pour vivre heureux vivons pauvres. Partisan de la plus grande orthodoxie libérale, le président de la Banque centrale européenne appelle les salariés à se serrer la ceinture dans l’hypothétique espoir que ça ira mieux demain. Il est beaucoup moins choqué par les bonus ou les résultats mirifiques des grandes entreprises.

À sa décharge, les traités européens fixent comme rôle quasi exclusif à la BCE de lutter contre l’inflation, y compris quand il n’y en a pas.

Ce qu’il dit craindre, c’est ce qu’il appelle l’inflation de second tour: les prix augmentent, donc les salaires augmentent pour compenser l’inflation.

Au contraire, nous sommes, nous, demandeurs d’augmentations de salaires (nécessité sociale et économique), de réglementation au niveau financier et bancaire, d’une grande réforme fiscale, d’une modification des orientations et priorités sur le plan européen.

Les pouvoirs publics français ont timidement expliqué qu’ils n’étaient pas d’accord avec M. Trichet. Mais dans les faits, qu’il s’agisse du SMIC ou des salaires dans le public, ils suivent ses recommandations.

Les dogmes économiques ont la vie dure et la peur des marchés financiers est toujours grande.

Il est plus que temps que les gouvernements sortent de leur rang de sous-traitants du capitalisme financier.

Il appartient aux travailleurs de les y amener. En la matière la question des salaires est essentielle, car elle est une des conditions indispensables pour une autre répartition des richesses.

Comme le dit la formule mise en exergue au fronton de la Confédération, avenue du Maine: «Augmenter les salaires crée de l’emploi».

L’économie n’étant pas une science exacte, seule la politique économique a un sens et celle-ci n’échappe pas à la confrontation des intérêts.
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commentaires

Bidule 20/03/2011 11:44


Donc, pour Mailly et la lecture des statuts qu'il en fait, on ne peut pas se présenter (on parle pas de rester une fois élu).
Par contre, de nombreux syndicalistes FO sont en fonction dans les instances même de partis politiques d'extrème gauche comme le POI (Parti Ouvrier Indépendant ex Parti des Travailleurs) sans que
cela semble génant... Un peu comme si Copé tenait des fonctions départementales en plus d'un poste à l'UMP...
(Même dans Wikipédia ça se sait...)

Les choses se sont même aggravées depuis la publication de "Cet étrange Monsieur Blondel" de Christophe Bousseiller.

Il y a des amitiés très fortes entre FO et Pierre Lambert, le fondateur du Lambertisme (MNPT, puis PT et enfin POI) . Lambert a même été invité au mariage de Blondel !

Extrait d'une enquete : "Cette influence supposée aura en tout cas permis à Lambert d’être reçu à l’Elysée avec des syndicalistes FO pour un dîner privé avec un conseiller de Jacques Chirac à la
veille de la réforme Juppé des retraites de 1995. Boussel rencontrait aussi régulièrement le grand patron de presse Robert Hersant, qui préférait avoir dans ses journaux des syndicats FO que «les
cosaques» de la CGT. Le contact entre les deux hommes sera noué par l’intermédiaire d’une autre figure historique de FO, le Nantais Alexandre Hébert, anarcho-syndicaliste revendiqué qui avait
croisé Hersant avant-guerre au sein des Jeunesses socialistes à Rouen."

Pour info, Alexandre Hebert, décédé en janvier 2010 était secrétaire de l'UD 44 de 1948 à 1992 ! On ne parle pas de candidature, mais de gens agissant avec capacités d'influences fortes sur les
positions du syndicat... Bien plus grave donc que le simple fait d'être candidat à une élection locale...

C'est beau l'indépendance syndicale...

De plus, la réponse de Mailly que vous postez ne répond en rien à la problématique des calendriers musulmans distribués à Poissy par F.O. métaux ou sur l'indépendance syndicale d'un homme qui
dispose d'emplois fictifs de la mairie de Paris comme en a bénéficié Blondel.

Merci tout de même de vous être donné beaucoup de mal pour faire le copier-coller.


Jacques Vélu 17/03/2011 10:37


La presse s’est fait l’écho d’une militante FO candidate aux élections cantonales sur la liste Front National.

La fédération FO dont elle relève, la fédération de la défense, a immédiatement réagi à juste titre en la démettant de ses mandats. L’intéressée détenait un mandat fédéral, avec un détachement à
temps plein.

C’est une application concrète de l’indépendance syndicale. Je rappelle par exemple, s’agissant des instances confédérales (bureau confédéral et commission exécutive) qu’il y a interdiction de
faire acte de candidature à une fonction politique ou d’appartenir aux organismes directeurs d’un parti politique.

Chacun est libre, en dehors du syndicat, d’adhérer où il veut, de croire ou de ne pas croire, mais il ne doit y avoir aucune confusion des rôles.

Il faut aussi faire la distinction entre l’adhérent, sans mandat, qui se présente à une élection et qui ne doit en aucun faire référence à son appartenance syndicale et celui ou celle qui détient
un mandat et qui doit alors renoncer, au moins temporairement, à son mandat.

L’indépendance syndicale que nous avons rappelée récemment au congrès n’est pas uniquement un slogan de vitrine, c’est une pratique qui conditionne la liberté de comportement du syndicat.

Pour le reste, comme j’ai eu l’occasion de le rappeler publiquement, force est de constater qu’entre les thèses défendues par le front national et nos principes il y a des contradictions.

C’est le cas quant il prône des structures de branches professionnelles, associant employeurs et salariés, ce qui s’appelle le corporatisme qui avait par exemple été instauré dans les années 40
avec la charte du travail. C’est toute la différence entre collaboration et négociation, cette dernière impliquant la confrontation et le rapport de force.

C’est encore le cas quand pour nous, le syndicat a pour rôle de défendre tous les travailleurs quels qu’ils soient, sans discrimination aucune, tant au plan national qu’international avec notre
attachement à l’internationalisme ouvrier.

Le fait que ce parti avait essayé dans les années 90 de créer ses propres syndicats et qu’il vient d’annoncer la création d’un « cercle national de défense des travailleurs syndiqués », un ersatz
de syndicat, est également révélateur.

Nous nous sommes battus dans notre histoire pour défendre la liberté, l’indépendance, les valeurs démocratiques et républicaines, la confrontation des intérêts divergents entre classes sociales :
il n’y a aucune raison que cela change comme l’a réaffirmé notre récent congrès.

Par ailleurs, il appartient aux responsables politiques et aux gouvernants, en France comme ailleurs, de s’interroger. La soumission au capitalisme libéral, l’absence de changement de modèle à
l’occasion de la crise, le développement des inégalités, ont toujours conduit à une forme de rejet qui peut prendre plusieurs formes dont le retour aux concepts de race, corps, terre et nation.
Quand le peuple ne peut plus et que les gouvernants ne veulent pas, il y a obligatoirement des « bugs ».

Nous ne somme pas coupables des dérives ou démissions des politiques et il est plus qu’essentiel que nous maintenions à la fois nos conceptions et pratiques syndicales ainsi que nos revendications.
On ne transige pas avec la liberté et l’indépendance.

Jean-Claude mailly


Ortog 11/03/2011 10:16


Augmenter les salaires va créer de l'emploi, c'est sur, mais il y a un ajustement à faire.
Si j'augmente les salaires avec des frontières grandes ouvertes au commerce mondial, je crée de l'emploi... En Chine, et autre pays sans droit sociaux, donc le pays n'y gagne rien...

Si j'augmente les salaires en ayant préalablement rétabli des droits de douanes pour éviter la concurence déloyale de pays sans droits sociaux, alors la consommation issue de l'augmentation
salariale fera tourner l'économie française, donc le chomage diminuera et les comptes sociaux s'amélioreront par l'arrivée de recettes nouvelles.

Mais là, c'est un choix de société qui dépasse le syndicalisme... et se fera en 2012


bidule 10/03/2011 10:27


Ne pas se taire.

Une militante, élue F.O.depuis 1980 dans son entreprise, mais aussi avec des responsabilités syndicales au niveau départemental, donc avec trente années de combat, vient d’être destituée de ses
mandats départementaux par le secrétaire de l’UD du nord (59) pour avoir osé se présenter à une élection cantonale sous l’étiquette du Front National.

Que se passe-t-il chez Force Ouvrière ?

L’appareil du syndicat est verrouillé à de nombreux échelons : départements, régions, fédérations, confédération, par une population trotskiste issue du parti des travailleurs, de lutte ouvrière et
du NPA. Ceux-ci se présentent aux élections sans que ça ne crée de problème.
Soit, acceptons donc le fait que l’on puisse avoir des engagements syndicaux et politiques, du moment que le mélange des genres n’est pas de mise. (Ce qu’il reste à prouvé lorsque l’on connaît le
nombre de trotskistes aux postes clés chez FO et leur pourcentage dans la population française)
Donc, si c’est autorisé dans ce syndicat pour les partis d’extrême gauche, de quel droit la même centrale syndicale interdit-elle la présence de candidats frontistes ? Ou dans les lois de la
République, est-il dit que les syndicats ont un regard sur la légitimité de tel ou tel parti politique ? A partir du moment ou le parti est autorisé par la République Française, il est légal.
Soit personne ne peut se présenter sous aucune étiquette, au nom de l’indépendance syndical, soit tout le monde à le droit, sous toutes les étiquettes légalement reconnues par la République.

Il y a quelques semaines, à la sortie des usines Peugeot de Poissy (78) les militants Force Ouvrière distribuaient des calendriers musulmans. L’indépendance de FO n’est-elle que politique ou
concernent-elle aussi les religions ? On peut s’interroger… C’est la aussi une conception étrange de la laïcité,, à moins que ce ne soit qu’électoraliste, ce qui serait plus grave que de la simple
bêtise.

Enfin, nous avons revu récemment Marc Blondel invité de l’UD 95 et invité également du tribunal pour les emplois fictifs de la ville de Paris. Surement que le fait d’obtenir des largesses de la
part du pouvoir politique est une façon de défendre l’indépendance syndicale.

Vraiment, il y a de quoi être déçu de l’appareil F.O. même si ses militants et ses élus à 3M sont irréprochables, propres, engagés pour la défense des droits des salariés, comme l’est Madame Annie
Lemahieu, la camarade qui a osé…