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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:40

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 4 MAI 2011

 

Un gouvernement qui devient conscient des problèmes de pouvoir d’achat mais qui, ne voulant pas modifier sa politique économique et sociale, en est réduit à inventer une prime.


Un patronat vent debout contre une telle prime et qui aurait bien voulu obtenir son abandon avec l’accord des syndicats!

Bien entendu, il n’en était pas question. Autant cette prime n’est pas une bonne réponse (cf. dernier éditorial), autant il appartient aux employeurs, s’ils veulent l’éviter, de faire mieux en matière de salaires et de prime transport. En quelque sorte, il n’est pas question de lâcher la proie pour l’ombre.

Par exemple, nous attendons du patronat qu’il accepte de réunir obligatoirement les négociations de branche sur les minima conventionnels après toute augmentation du Smic et pourquoi pas –il n’est pas interdit de rêver!– qu’il finisse par accepter une augmentation significative du Smic et la mise en place d’une vraie prime transport.

Pour toutes ces raisons, le comité de suivi de l’agenda social paritaire (à savoir le suivi du calendrier de toutes les délibérations et négociations sociales) s’est borné à réaffirmer le droit, à savoir la consultation des interlocuteurs sociaux avant toute décision des pouvoirs publics (gouvernement et patronat) en matière de travail.

Le même jour une réunion syndicats- patronat s’est tenue sur la question des IRP et de la valeur ajoutée.

Il y a quelques semaines, Force Ouvrière avait publiquement demandé la suspension de cette délibération. Nous avons été les seuls, tous les autres syndicats, sans exception, voulant poursuivre les discussions. Celles-ci se poursuivent donc et la négociation devrait débuter.

Quoi qu’il en soit, Force Ouvrière a deux impératifs incontournables:

- il n’est pas question de revoir à la baisse, d’une manière ou d’une autre, le rôle et les moyens des IRP;

- concernant la valeur ajoutée, il ne peut s’agir que d’améliorer l’information consultation, et en aucun cas nous n’accepterons des procédures s’apparentant à de la codécision, c’est-à-dire à annihiler la liberté et l’indépendance syndicales. Dans notre esprit, plus d’information doit avoir pour effet d’alimenter la revendication salariale. Pour le reste, la question de la valeur ajoutée relève surtout d’un débat national d’ordre macroéconomique.

Il s’agit d’accroître la part qui va au travail au détriment de celle qui va au capital.

Cela passe par l’augmentation des salaires et une fiscalité accrue sur les dividendes.

Ce qui va à l’encontre des préconisations gouvernementales. En témoigne le bricolage fiscal à destination des plus aisés et le refus de l’État, en tant qu’employeur, d’augmenter les salaires dans la fonction publique.

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