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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 22:23

3M connaît les exigences des salariés

Si les négociations se passent mal, les salariés promettent des actions dures.

 

La première réunion de négociations entre la direction de 3M et les délégués du personnel de Cuno s'est achevée hier soir.

L'écart entre les demandes des salariés et les propositions de la direction est important. Mais les salariés sont déterminés Les salariés de Cuno et les élus politiques ont une nette impression d'être mis sous pression depuis l'annonce de la fermeture du site de production de filtres des Attaques, le 30 septembre. Les propriétaires de 3M ne sont pas en phase avec ce sentiment, «  nous voulons au contraire prendre tout notre temps... Les salariés ont jusqu'en juin pour trouver des solutions. Et d'ici là, nous serons à leurs côtés. » souligne Catherine Hamon de la direction de la communication du groupe 3M. Si le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit une fermeture du site fin juin, avec un départ des premiers salariés en mai, suivi du gros de la troupe en juin, il indique aussi que toutes les modalités doivent être bouclées pour le 8 décembre.

Une enveloppe moyenne de 50 000 euros
Et l'étape qui a commencé hier en début d'après-midi est primordiale dans ce processus : les négociations sur toutes les mesures d'accompagnement. Le plan de sauvegarde proposé par les salariés lors du dernier comité central d'entreprise est le premier sujet de discussion : « Nous ne comprenons pas comment nous pouvons discuter d'un PSE alors que nous n'avons pas de réponse sur notre plan de continuation. » explique Jean-Marc Way, le délégué CGT. La direction serait encore en cours d'analyse... Mais le syndicaliste ne se fait aucune illusion sur les suites de leur proposition.
Si la direction veut entamer le plan par le dernier chapitre, les plus de 50 ans, les représentants du personnel demandent une analyse méthodique du PSE.
Ainsi sont passés en revue le plan de formation, le reclassement, les frais de mobilité, les compensations salariales, les frais de déplacement... Et la prime supra légale. « Ils ne comprennent pas le montant demandé. Mais ils oublient que l'on a tout donné pour notre entreprise... C'est une compensation financière pour la perte de notre emploi, mais aussi pour le coup porté à notre vie, à notre moral. » Les représentants du personnel ne veulent pas donner de chiffres, mais l'enveloppe demandée pour chaque salarié tournerait autour de 50 000 euros. En moyenne. Plus ou moins en fonction de l'ancienneté. Les négociations s'annoncent chaudes. « Le désaccord est profond sur ce sujet. » explique un délégué du personnel. « C'est simple, 3M pensait nous proposer moins que les précédents plans. » La direction de 3M a enregistré les différentes demandes. Elle doit chiffrer l'ensemble des revendications : « Si le grand patron ne prend pas de salaire pendant un an, ils ont l'argent pour nous dédommager. » Il est 19h30, la première réunion est bouclée. La seconde ne reprendra que cet après-midi à 13h00.

Des salariés calmes... Pour l'instant

Ce matin, les délégués du personnel rencontreront les salariés dans la cour de l'usine. Ils feront un point sur les premières heures de négociations. «  Nous mettons une forte pression pour qu'aucun débordement ne vienne entacher les négociations... » Ils réussissent à tenir les salariés en jouant la carte de la communication : « Mais si 3M reste sourd à nos demandes... Nous ne répondrons plus de rien. » Les employés pourraient alors cesser le travail et entamer un mouvement dur. « Nous sommes prêts à aller loin pour montrer notre mécontentement... » explique l'un des salariés.
Tous les élus du Calaisis ont adhéré à la cause des salariés. Jacky Hénin a fait parvenir des courriers au Premier ministre François Fillon et au ministre de l'Industrie Christian Estrosi, et au commissaire européen de l'Industrie, Gunther Verheugen. Il les informe que les causes de cette fermeture évoquée par la direction de 3M, une baisse des commandes et une pression des clients sur les prix sont contestées par les salariés et surtout par l'audit financier.
Gilles Coquempot, le député de la 7e circonscription se charge d'alerter les principaux clients de l'entreprise : «  Ceux-ci doivent savoir qu'en 2010, les commandes qu'ils passeront avec Cuno ne seront plus fabriquées aux Attaques... Ces clients ont des noms prestigieux. Ils n'apprécieront pas de ne pas avoir la même qualité. » explique son cabinet. De son côté Natacha Bouchart a, elle aussi, alerté les cabinets ministériels. Et jeudi matin, les délégués du personnel seront reçus par le sous-préfet de Calais.

Ces démarches seront-elles efficaces ? Les salariés en doutent. Mais ces actions ont le mérite de mettre au grand jour la stratégie de destruction de 3M : fermer une entreprise pour faire plus de profit et transférer la production vers une entreprise américaine en difficulté.

Philippe HENON

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