Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 06:34

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 23 SEPTEMBRE 2009
L'éditorial de Jean-Claude Mailly

D’aucuns commencent à parler de sortie de crise, notamment les banquiers et les financiers, qui n’attendent qu’une chose: refaire comme avant, comme si de rien n’était, en quelque sorte. D’où la nécessité de réglementer toutes les activités financières et bancaires, ce qui est très loin d’être le cas. Mais on sent aussi que les discours sur le refrain: «ça commence à aller mieux» font ressortir tous ceux qui, par exemple, jugent inacceptable l’explosion des déficits publics et sociaux et appellent d’ores et déjà à serrer la vis. Cela n’est pas tolérable.

L’augmentation de la dette publique est le fait de la crise et des aides massives accordées aux banquiers. Il n’y a donc aucune raison pour que les citoyens en fassent les frais. D’autant que ceux qui nous disent que la reprise est là avaient déjà ce discours à l’été 2008 et n’ont rien vu venir. Ne pas avoir vu la crise arriver n’est pas un atout pour entrevoir sa sortie!

Quant à l’augmentation des «déficits» sociaux, elle est due à la diminution des recettes du fait de la crise. Elle est aussi due au 1,5 milliard d’euros déjà déboursé par la Sécurité sociale pour acheter des masques et des vaccins en prévision de la grippe A.

Dans ces conditions, vouloir dérembourser des médicaments, augmenter le forfait hospitalier, repousser l’âge de la retraite sont autant de projets inacceptables et provocateurs. De la même manière, vouloir individualiser les rémunérations des salariés de la Sécurité sociale relève du cynisme, qui plus est lorsqu’on connaît les faibles coûts de gestion.

N’oublions pas non plus qu’en France comme ailleurs, si l’on cherche des économies, la dégradation des conditions de travail coûte chaque année 4 points du PIB, soit en France 80 milliards d’euros. Attaquer d’une manière ou d’une autre la protection sociale collective, c’est se rendre complice des responsables de la crise. Nous ne l’accepterons pas.
Partager cet article
Repost0

commentaires