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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 06:33

Le cri d'un Marseillais : "Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom"


Un architecte de réseau de l'opérateur de télécommunications a mis fin à ses jours en dénonçant dans une lettre "la surcharge de travail" imposée par son employeur

 

Avec la crise, plusieurs affaires de suicide en entreprise ont été recensées ces derniers mois.

Illustration Domas (http://domas.over-blog.com)

"Je suis devenu une épave, il vaut mieux en finir". C'est ainsi que Michel, 51 ans, justifie son acte désespéré. Il a mis fin à ses jours à son domicile à Marseille, dans la nuit du 13 au 14 juillet. Emporté par sa vie professionnelle. "Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. C'est la seule cause", explique-t-il dans une lettre, dans laquelle il évoque notamment l'"urgence permanente", la "surcharge de travail", l'"absence de formation" et le "management par la terreur".

Ce drame s'ajoute, selon le secteur télécom de la CGT des Bouches-du-Rhône, à une "trop longue liste de 18 tentatives de suicide depuis début 2008 au plan national". Mais c'est "la première fois que la responsabilité de l'entreprise est directement mise en cause", précise leur représentant Denis Capdevielle. Et d'ajouter :
"France Télécom a toujours tenté de minimiser l'importance des suicides. Dorénavant, la direction ne peut plus nier son rôle".

"Il ne voulait même plus partir en vacances"

Ce cadre du service "unité pilotage réseau", en charge des liens entre les différentes antennes de la zone Sud-Est aurait donc été submergé par son activité, qu'il exerçait depuis plusieurs années à Marseille, rue Jacques Reattu (9e). "Sa charge de travail était en constante augmentation. C'est bien simple, il ne voulait même plus partir en vacances", confirme Denis Capdevielle.

Selon le responsable syndical, "la position de fonctionnaire" du salarié, entré dans le groupe en tant que technicien avant d'évoluer en interne, n'a fait que "le déstabiliser davantage" :
"France Télécom a beau être devenue une entreprise privée, elle compte encore 70% de fonctionnaires. Et aucun n'est remplacé. Ce statut fragilise leur position au sein de l'entreprise".

Joint par LaProvence.com, la direction régionale de l'opérateur de télécommunications s'est dite "très touchée" et "s'associe à la peine de la famille". Et regrette de "n'avoir pu éviter le drame" : "Le malaise de ce salarié avait été repéré, indique Mireille Le Van, directrice territoriale de la région Sud-Est.
Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps d'y remédier".

Un espace écoute et une enquête interne mis en place


Sans vouloir réagir aux "propos très forts" que contient la lettre ni "rentrer dans les détails" des solutions trouvées pour améliorer le quotidien professionnel de cet architecte réseau, la "manager en charge de 8000 employés de la région" affirme que "sa charge de travail avait été allégée" et que "le management était à l'écoute" des problèmes du salarié. Et ne pense pas que son geste ait pu répondre à la peur de perdre son emploi, contrairement aux accusations de la CGT : "Il n'y a eu aucun licenciement chez nous et il n'est pas prévu qu'il y en ait". 

Un "espace écoute" composé d'un médecin, d'une assistante sociale et de deux psychologues a été mis en place et une enquête interne auprès des membres du service concerné a été décidée au cours d'un comité d'hygiène extraordinaire, mardi dernier. "Le but est de trouver les faits concrets qui l'ont poussé à bout et de les prévenir pour que cela ne se reproduise plus, déclare Denis Capdevielle. Et d'annoncer : "Il faut s'attaquer au mal plus profond, à savoir la désorganisation totale de France Télécom et sa façon de former et de gérer son personnel".

De son côté, la direction ne remet pas en cause sa méthode. Et laisse le soin au service frappé par l'affaire de formuler elle-même des propositions pour améliorer les conditions de travail : "Nous accordons beaucoup d'attention à nos salariés, poursuit Mireille Le Van. Nos programmes de formation ont été musclés. Des espaces écoute sont disponibles depuis deux ans.
Maintenant, on laisse l'unité "réseau" y travailler pour déceler les risques psycho-sociaux".

Article de La Provence : http://www.laprovence.com/articles/2009/07/28/875866-Region-Je-me-suicide-a-cause-de-mon-travail-a-France-Telecom.php#reaction



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