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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 07:31
Editorial de Jean-Claude Mailly du 24 juin 2009

Depuis ses origines, la CGT, devenue CGT-Force Ouvrière, a plaidé et milité pour le rôle et la défense de l’Organisation internationale du travail (OIT). Rappelons que cet organisme international, basé sur le tripartisme gouvernement-employeurs-travailleurs, a, en particulier, pour rôle d’établir les normes internationales du travail et d’assurer le contrôle et le suivi de leur application. Parmi les plus importantes figurent notamment la liberté syndicale et la liberté de négociation.

Après Marc Blondel, c’est notre camarade Yves Veyrier qui a été élu au conseil d’administration au titre des travailleurs. À l’occasion de la Conférence internationale du travail (183 pays) qui se tient chaque année au mois de juin, l’OIT a, cette année, mis l’accent sur la crise et les réponses à lui apporter. Une déclaration spécifique, intitulée «Surmonter la crise: un pacte mondial pour l’emploi», a été adoptée. Elle n’évite pas, certes en termes mesurés – il s’agit d’une déclaration tripartite –, la nécessité d’un changement à l’échelle internationale qui porte sur la justice sociale et sur le «travail décent», c’est-à-dire sur le respect des normes internationales du travail et le droit pour tous à une protection sociale. Elle met aussi en avant le rôle des salaires et de la demande intérieure pour une relance économique.

Pendant deux jours la conférence s’est interrompue pour s’ouvrir à des interventions de chefs d’État ou de gouvernement dans le cadre d’un sommet mondial sur l’emploi. Les plus attendues étaient celles du président brésilien et du président de la République française. Ce dernier nous avait consultés au préalable.

Force est de reconnaître que, lors de son intervention, le président de la République a repris les revendications. C’est le cas quand il demande aux pays qui ne l’ont pas encore fait de ratifier les conventions fondamentales dont la liberté syndicale. C’est encore le cas quand il reprend l’idée de la conditionnalité des normes sociales internationales.

Cela signifie, par exemple, que lorsque le FMI intervient sur un pays, il devrait demander à l’OIT de vérifier le respect des normes internationales. Ce respect devenant une condition de l’intervention du FMI, ce qui conduirait à ne plus avoir de plan d’ajustement structurel destructeur de droits sociaux. Certes, il ne suffit pas qu’un ou plusieurs pays se prononcent en ce sens pour que cela soit acquis, mais la parole de la France est aussi une parole qui compte.

Déléguée titulaire des travailleurs français cette année à la conférence, Force Ouvrière était présente. J’ai également pris la parole lors du sommet mondial pour rappeler nos positions.

Cela est positif, même s’il faut noter un décalage ou une contradiction entre les propos présidentiels axés sur l’harmonisation sociale vers le haut et la politique nationale. La veille, par exemple, le ministre a évoqué la piste d’un report progressif à 67 ans du droit au départ à la retraite! Ce qui constitue une provocation. Comme l’a expliqué, lors de son congrès, une militante du syndicat FO des territoriaux de Marseille, si ça continue, une assistante maternelle devra s’occuper des enfants avec un déambulateur!

Nous continuerons donc non seulement à souligner ces contradictions, mais aussi à maintenir nos revendications.

La crise de système est là; elle continue à s’aggraver, notamment en termes de chômage, de pouvoir d’achat, de remise en cause de droits sociaux et des services publics.

C’est encore le cas lorsque pour les fonctionnaires le gouvernement veut faire passer un projet de loi qui, au nom de la mobilité, introduit la possibilité de licencier des fonctionnaires, ce qui non seulement remet en cause la neutralité de ces derniers, mais porte atteinte aux principes républicains.

Solennellement, Force Ouvrière s’adresse aux ministres concernés, André Santini et Éric Woerth, pour leur dire de stopper la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et cette pseudo-mobilité, ou qu’ils cessent de se dire républicains.

Cette semaine, encore, a vu le jour l’union entre deux syndicats de policiers au sein de Force Ouvrière. Cette union entre l’ex-UNSA-Police et le SGP-FO fait du syndicalisme Force Ouvrière dans la police nationale une force incontournable, celle du syndicalisme républicain, libre et indépendant. Pour avoir assisté au congrès fondateur de cette union, je mesure et me félicite de l’espoir suscité chez les fonctionnaires concernés et du dynamisme syndical ainsi créé.

Les principes républicains et Force Ouvrière sont indissociables. Nous entendons bien défendre et développer l’un et l’autre.

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