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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 13:55
Au nom des syndicats français, le leader de FO, Jean-Claude Mailly, a plaidé pour que les interventions des institutions comme l’OMC ou le FMI soient conditionnées aux normes sociales.

Lors du sommet mondial de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur la crise et l'emploi qui s’est tenu lundi et mardi à Genève (Suisse), la voix des six syndicats français représentés à l’OIT (FO, CFDT, CFTC CGC, CGT, et UNSA) a été portée par Force ouvrière à la tribune de l’institution.

Après avoir rappelé que «partout dans le monde les travailleurs, souvent déjà soumis à la précarité au chômage ou à l’emploi informel, sont aujourd’hui les victimes principales d’une crise dont ils ne sont pas responsables», le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a expliqué lundi que «cette crise est fondamentalement une crise de système (…) en particulier due à une répartition de plus en plus inégalitaire des richesses produites». Autrement dit, a-t-il souligné, «cet accroissement important des inégalités a généré une exploitation accrue des travailleurs, de l’endettement et surendettement, du chômage et de l’exclusion». Pour en sortir, a poursuivi Jean-Claude Mailly, «il est (…) essentiel, pour ne pas dire vital, de modifier structurellement les conditions de production et de répartition des richesses afin que les turpitudes d’hier et aujourd’hui n’aient plus cours demain». Pour cela, il faut répondre à «l’urgence sociale de la crise» et changer «le système en profondeur» en s’appuyant notamment sur l’OIT, dont le «fonctionnement tripartite (État, patronat, syndicats) est un atout pour la construction des normes internationales», a-t-il dit, dans un plaidoyer pour que les normes internationales du travail conditionnent les interventions des autres institutions économiques, financières ou monétaires (OMC, FMI, Banque mondiale, …).

Le secrétaire général de FO s’était exprimé juste après l’intervention du Chef de l’État français, Nicolas Sarkozy. Devant la même tribune. M. Sarkozy a fait sien les arguments des syndicats français qu’il avait rencontrés une semaine auparavant en vue de ce sommet. «Il n'est quand même pas normal que le FMI ou la Banque mondiale (BM) viennent au secours d'un pays sans que l'on puisse lui demander de respecter des règles élémentaires en matière d'environnement, de droit du travail ou de santé publique». a déclaré le président. À ce propos, il a conseillé que les interventions du FMI et de la BM soient désormais soumises «à une conditionnalité environnementale et sociale», avant d’annoncer, que «la France soutiendra l'adoption par la Conférence internationale du travail de conclusions sur un Pacte mondial pour l'emploi, qui engage politiquement tous les États à mettre l'emploi, la protection sociale et la promotion du travail décent au coeur de leurs mesures de riposte à la crise». Ce pacte pour l'emploi, doit être, selon lui, «discuté lors des travaux préparant le prochain sommet du G20 (en septembre) et «devenir un outil commun à l'OIT, au FMI et à la BM».

Lundi, le président s’est fait ainsi le chantre d'un nouvel ordre économique et social. Dès lors se pose la question de savoir pourquoi les actes de la politique qu’il inspire en France ne sont pas conformes à ce discours. Est-il par exemple décent de reculer l’âge légal de la retraite à 67 ans, comme vient de le suggérer son ministre du Travail, Brice Hortefeux?

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