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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 19:14
Depuis plusieurs jours, Brice Hortefeux, Ministre du travail, encouragé par le Premier Ministre, relaye les thèses éculées de Mme Parisot, patronne des patrons, en affirmant la nécessité de reculer l’âge de la retraite de 60 à 67 ans.

Si les déficits affichés de nos systèmes de retraite servent de prétexte à ces annonces, Force Ouvrière s’interroge sur l’opportunité d’une telle initiative, qui plus est en période de crise. Chaque jour de nouveaux plans sociaux viennent grossir les rangs des demandeurs d’emploi et chaque nouvelle vague frappe en priorité les travailleurs dits seniors.

Malgré plusieurs « plans » en faveur de l’emploi des seniors, leur taux d’emploi stagne à 38,2 % et rien n’a changé dans le comportement des entreprises qui utilisent toujours les salariés de plus de 50 ans comme variable d’ajustement des effectifs.

Pour la Confédération Force Ouvrière, annoncer un report éventuel de l’âge légal de la retraite à 67 ans est véritablement indécent à l’égard des salariés en général et tout particulièrement envers ceux qui sont jetés hors des entreprises bien avant 60 ans. De plus, qu’ont fait le Premier Ministre et les Ministres du travail successifs pour mettre fin au blocage du MEDEF sur le dossier de la prise en compte de la pénibilité ? Rien.

Tels Bismarck qui aurait fixé l’âge de la retraite à 65 ans, âge correspondant à l’espérance de vie des ouvriers de l’époque, le MEDEF et le gouvernement proposeraient la retraite à 67 ans alors qu’une récente étude de l’INED confirme que si l’espérance de vie d’un ouvrier à 35 ans est de 41 ans (contre 47 pour un cadre), elle n’est que de 24 ans sans incapacité, soit 59 ans !

Et comme si la concurrence stimulait les membres du Gouvernement, Mme Morano, Secrétaire d’Etat à la famille, entend ouvrir le dossier des droits familiaux, par anticipation sur le calendrier –prévu en 2010– avec sans doute la ferme intention d’en réduire les coûts, donc les droits des femmes salariées.

Inévitablement, Frédéric Lefebvre, Député et porte parole de l’UMP, s’invite au débat et après avoir récemment proposé de faire travailler les malades, il exhorte les « partenaires sociaux » à prendre leurs responsabilités en permettant aux salariés de travailler jusqu’à la dépendance.

Pour Force Ouvrière, ces provocations attestent si besoin était, que les salariés doivent se mobiliser pour défendre et sauvegarder leurs régimes de retraite par répartition, solidaires et égalitaires.


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