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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 17:18

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le mondialisme en sa fureur
Inventa pour punir les salariés de droits,
La finance, puisqu’il faut l’appeler par son nom,
Capable d'enrichir en un jour les grands patrons
Faisait aux plus humbles la guerre.
Ils ne tombaient pas tous, mais tous étaient frappés :
D’abaissement social, de chômage et de précarité,
Cherchant le soutien du défaillant état.
Nulles offres valables se présentaient à eux,
Que des emplois précaires de surcroit smicardisés
N’étaient proposés aux simples salariés..
Les emplois s’enfuyaient vers des pays sans droit,
Laissant au désamour ces chômeurs sans joie.

Le PDG de la grande entreprise  tint conseil, et dit :
Mes chers amis, le Ciel a donc permis
Pour nos péchés, de défaire nos fortunes ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
Je me suis octroyé de fortes rémunérations,
bénéficié de largesses et de stock-options.
Qu’avais-je donc fait ? Qu’obéir au marché
Quitte à détruire ainsi l’emploi du salarié..
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Mon cher patron, dit le Directeur, vous êtes trop bon ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, se gaver ainsi de mille façon,
Est-ce un péché ? Certes non, Vous leur fîtes
En supprimant leurs postes beaucoup d'honneur.
Et quant aux salariés de base,  l'on peut dire
Qu'ils étaient digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les employeurs
Se font à crédit une vie chimérique .
Ainsi dit le Directeur, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du patron de site, ni des autres puissants,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples D.R.H.,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L'employé vint à son tour et dit : J'ai souvenance ;
Que près d’une machine à boisons,
Le café, l'occasion, le petit coupe faim, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je pris régulièrement deux trois cafés par jour.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur l’employé.
Un puissant quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait licencier le maudit salarié.,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leurs maux.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Faire pause et manger! quel crime abominable !
Seul le licenciement  était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

Fable Inspirée des "Animaux malades de la Peste" de Jean De La Fontaine

 

A.D.

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