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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 21:54

3M vient de lourdement chuter à la bourse de Wall Street.

La Direction du groupe a immédiatement annoncé la suppression de 2000 emplois. (A ce niveau ils pratiquent la saignée comme au moyen âge, c’est dire leur modernité)

L’annonce de résultats en baisse va, une fois de plus, retomber sur les salariés du bas au lieu de pénaliser les Dirigeants fanatiques et avides qui détruisent l’entreprise dans ce qu’elle a de meilleur : ses employés.

Un management qui a perverti depuis des lustres ce qui était un des fleurons de l’industrie mondiale.

Des délocalisations et des sous-traitances avec des modes opératoires en remplacement des expériences acquises et transmises depuis un siècle.

Une financiarisation à outrance, avec pour seuls objectifs, des cours de bourse et des dividendes déconnectés de la réalité des marchés.

Une méconnaissance des procédés, des méthodes, du travail, de ce qui est fait, de comment c’est fait, par qui cela est fait.

La méthode n’est pas propre à 3M. Le même mode de pensée donne les mêmes effets désastreux dans d’autres grandes entreprises. La mondialisation financière a été inventée par eux et pour eux.

Parfois, ces modes de management tuent pour augmenter les profits.

L’accident récent d’un Boeing 737 Max en est un exemple.

Airbus a modifié son A320 en A320 Neo en faisant une remotorisation de l’ancienne version de l’avion avec des moteurs plus gros mais consommant moins.
Boeing, par peur de perdre des parts de marché a répondu en pratiquant une remotorisation du 737. Sauf que les moteurs plus gros ne passaient pas sous les ailes, plus basses sur le 737 que sur l’A320. Ils ont donc été positionnés à l’avant de l’aile, déstabilisant la conduite en vol. Boeing a contré cet effet avec un logiciel, avec les effets meurtriers que l’on sait.

L’angoisse de la perte de quelques dizaines de commandes d’avions a primé sur tout, y compris sur la sécurité des passagers.

Les salariés de Boeing ont récemment annoncé leurs angoisses pour ce qui est du dreamliner, le fleuron de la marque. Ils dénoncent les manquements dus au management de l’entreprise, avec là aussi, les délocalisations et de la sous-traitance imposées. Ils précisent que ce management c’est imposé après 2005.

C’est bien là où l’on retrouve 3M.
En 2005, James Mc Nerney a quitté son poste de COE de 3M ou il avait imposé la même méthode délétère qu’à Général Electric, pour rejoindre le poste de COE de Boeing.

A 3M, ceux qui ont remplacé McNerney ont suivi le même sillon. Les salariés des sites fermés en ont tous le souvenir.

Au lieu d’investir dans des machines modernisées pour conserver leurs marges en conservant leurs fidèles salariés, ils ont délocalisé à la recherche de gains supplémentaires en virant les gens.
Mais cela n’était pas suffisant. Ils ont donc joué sur le cours de l’action.

Comme déjà évoqués dans plusieurs articles sur ce blog, croire qu’une Direction d’entreprise peut dépenser en 15 ans plus de 50 milliards de dollars pour le rachat de ses propres actions et pour gonfler les dividendes au-delà du raisonnable, sans que cela ait des conséquences, est un délire de fous qui jouent avec un pognon de dingue.

Pour autant, l’impunité est totale. Les loups ne se mangent pas entres eux. Ils se côtoient en meutes dans des conseils d’administration de plusieurs grandes entreprises ou ils cumulent les jetons de présence.

Ceux qui paient l’addition, ce sont ceux du bas, ceux que certains qualifient de gens de rien.

Peut-être que les salariés de 3M en France passeront cette fois entre les gouttes, peut-être pas. Ne nous faisons pas d’illusion, lorsque l’on englobe dans un ensemble, des salariés de France avec des salariés de pays où ils sont moins bien payés, avec moins de droits, l’avenir des mieux lotis est souvent compromis.

 On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a créé. Il ne faut donc rien attendre de nos patrons.

 

L'annonce est ici

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commentaires

JEAN-CLAUDE CARRE 26/04/2019 00:02

Analyse très bonne et claire Alain,
et la peur va arriver à nos collègues de SOA, a qui vient d'associer la direction 42 salariés de Cergy... quel sera leur avenir ???? On souffre déjà de l'imaginer.