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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 17:07

Voici une petite histoire qui démontre comment « le marché » s’attribue des choses qui ne lui appartiennent pas.

Par le biais de multinationales, il dépose des copyrights sur tout et rien, et s’approprie le bien commun. Pour notre petite histoire, en cette période de Fêtes de fin d’année, nous allons évoquer une multinationale particulièrement bien connue des enfants : Disney.

En 2003, l’entreprise a déposé des droits sur l’expression « Akuna Matata » qui est la philosophie exprimée par Timon et Pumbaa dans son film  « Le Roi Lion ».

Ainsi, pour produire des objets ; tee-shirts, tasses et autres avec ces deux mots imprimés dessus, il faudrait demander l’autorisation (et probablement le paiement de droits) à Disney. Le problème, c’est que « Akuna Matata » est une expression swahili qui veut dire « sans souci ». Elle fait donc partie du bien commun de plus de 150 millions d’africains.  Disney n’a rien inventé, il a juste puisé dans une langue. Etre utilisateur d’un « morceau » d’une langue puis se croire propriétaire de ce même morceau de langue est pour le moins une attitude colonialiste.

Disney est pourtant une firme qui a abondamment puisée dans la littérature libre de droit pour créer ses dessins animés, que ce soit chez Grimm ou Perrault.

La firme a créé la marque déposée «  Mickey » en 1928. La loi U.S. attribuait alors les copyrights pour 56 ans… Mais la puissance des multinationales comme Disney ne semble plus avoir de limites. Ainsi en 1984, la loi a changé pour mettre une durée de 75 ans, sous prétexte d’alignement avec la réglementation européenne. Mais à la fin des années 90, bien évidemment, le même problème est revenu. Disney aura assez d’influence pour, une fois de plus, faire modifier la loi et la durée des copyrights est alors passée à 95 ans.

Cet exemple culturel n’est qu’un démonstratif, il y a bien longtemps que le marché s’est approprié d’autres biens, dont les génomes d’organismes vivants. La lecture d’un code génétique permettant donc de s’en attribuer des droits, comme si l’on en était l’écrivain..

Le marché tout puissant fait et défait les lois, s’approprie les biens naturels et culturels. Jusqu’où cela peut-il aller ?
Probablement jusque dans le cerveau des consommateurs. C’est ce que rend possible internet avec les algorithmes des moteurs de recherche qui privilégient l’apparition en haut de page de certains produits au détriment des autres. Que ce soit le fait de demandes réelles ou artificielles, le marché ayant la faculté d’acheter des « likes » ou des « vues » sur les sites, donc la faculté d’influencer les choix des consommateurs.

Il parait même que le marché pourrait choisir un jour un candidat à faire élire, sans aucun parti politique… Mais c’est probablement de la science-fiction écrite par Philip K Dick.

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