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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 01:57

C’était ce mardi.
Morose journée dans ce site mortifère ou les murs transpirent la fin de vie.
Une journée de novembre ordinaire ou ici, l’envolée des feuilles des arbres concurrence l’expédition des feuilles de licenciements.
A cette ambiance morose, l’actualité faisait des gorges chaudes des turpitudes confédérales d’un syndicat. Il semble que c’est une constante des lieux de pouvoir quels qu’ils soient. Certains sont capables de comploter jusqu’à détruire, pour faire arriver leurs ambitions.

Mais ici, sur ce site sans devenir, ou l’avenir est aux abonnés absents depuis un matin de juin 2017, la principale pensée de la majorité des salariés était encore l’inquiétude des lendemains qui s’avancent à grands pas et à la possibilité future de retrouver un sens au mot « travail ».

Pourtant, certains étaient à d’autres pensées.

Voici qu’un groupe se forme à la machine à café.
C’est un groupe de managers d’ateliers, d’ordinaire peu expressifs, parfois transparents et pour certains sans relief.
Est-ce l’actualité, l’effet de meute ou la conjonction des deux, voici que l’un d’eux se prend d’un courage extrême en apostrophant le délégué syndical sur les « notes de frais « de sa confédération syndicale…
Il ne sait visiblement que ce que les journaux en disent, sans comprendre que les montants suspicieux ne sont qu’une infime partie des montants annoncés dans la presse. La grande majorité étant justifiée.
Mais c’est plus fort que lui, le voilà qu’il parle, fort, comme probablement ses propres patrons ne l’ont jamais entendu parler… Un courage soudain dans une carrière de servitudes polies.
Il ignore que celui qu’il apostrophe peut se vanter de n’avoir lui, jamais fait une note de frais à son employeur, quelques soient les déplacements et aucune note de frais non plus à sa confédération.

Mais peu importe, il vocifère en trépignant devant le distributeur de boisson, avec les haussements d’épaules et des coups de menton nerveux qu’on lui connait tous. Son visage transpire un mélange constitué d’une sorte de haine et de fierté.
Il se met enfin en avant devant ses collègues, il existe un peu.
Les autres sont partagés entre un amusement parfois feint et une réprobation cachée.
Avec l’effet de meute, il croit de
venir l’Alpha. Il ressemble hélas plus à un chihuahua aboyant de loin qu’à un loup.

Il relance sur la rémunération du secrétaire général de la confédération. Il semble incapable de comprendre que les chiffres annoncés font un salaire de 5500 à 6000 € par mois. Le Délégué lui répond qu’il y a des cadres dans la société qui gagnent bien plus pour un niveau de responsabilités bien moindre, et décide de ne plus répondre. Manquerait plus que ce personnage grotesque se cultive de nos arguments.

Puis la meute repart écouter sagement en salle de réunion la messe quasi quotidienne de leurs N+1.
Comme un personnage de Lewis Carroll, en franchissant la porte de la salle de réunion, le Chihuahua aboyant va se transformer en chat ronronnant. Le soudain courage va laisser la place à la servilité.

La grande majorité de cette meute n’a de toute façon pas les mêmes problématiques que les salariés qui viennent prendre conseils au syndicat. Le site n’est pourtant pas Lourdes ou Fatima, mais comme par miracle, ils avaient presque tous le profil pour être reclassé au C.T.C.
Lorsque l’on n’a pas d’idée, faut avoir des relations…

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