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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 10:33

Article publié à l'origine le 01/09/2018

Messieurs,

Vos parcours au sein de la société 3M vous ont amené à plusieurs reprises à côtoyer de près, parfois à gérer, l’ensemble des sites industriels 3M dont celui de Beauchamp est une partie.

Les annonces de prise de poste vous concernant l’un et l’autre, dont l’un reportera à l’autre, vous font vous éloigner de la France pour les hauteurs helvètes.

Force Ouvrière tient à vous remonter la vive émotion déclenchée, sur le site de Beauchamp, par vos promotions successives.

Ce n’est pas sans un trait d’humour noir que l’on se dit notre rancœur vis-à-vis de l’un et de l’autre. Vous avez si bien combattu, faisant fi de vos ambitions personnelles, pour que le site de Beauchamp reste l’usine de référence…

Les salariés savent l’acharnement qui fut le vôtre pour chercher des productions nouvelles que jamais vous ne trouvâtes. Heureusement, vous sûtes rebondir, allant de poste en poste, jusqu’en Suisse.

Les salariés du site de Beauchamp n’ont pas de mot assez fort pour vous dire ce qu’ils ressentent en ces moments.

Deux illustres personnages du monde industriel de 3M gravissent les sommets européens de l’EMEA pendant qu’ici, on dresse l’échafaud qui bientôt étêtera les 270 derniers salariés du manufacturing du site.

Longvic, Cluses, Pontchâteau, Pithiviers, Beauchamp claquent sur vos étendards, comme des noms de batailles perdues… La grandeur des batailles dit-on, se mesure au nombre de morts qu’elles font et au sang qui y est versé.

Vous avez fait de grandes batailles !

Vous avez gagnés vos médailles forgées à la sueur des autres et jusqu’à leur mort sociale.

Pour la classe dirigeante, peu importe, le désastre pour les familles de centaines de salariés, si cela permet à quelques-uns d’être promus dans l’entre soi d’une petite caste, qui se redistribue les postes avec une régularité de métronome, sans même avoir la décence d’attendre la fin de l’agonie de leurs victimes.

Car ceux de votre rang qui partagent cette doxa libérale mondialiste, ne sont jamais les victimes. Ils se comportent un peu comme les sangs bleus du passé qui se fichaient pas mal du sang rouge et impur du bas peuple prolétaire qui abreuva, durant des siècles, les sillons des champs de batailles de l’Histoire.

Ici, il n’y a pas de soldat inconnu. Les salariés d’en bas se connaissent tous, même s’ils ne sont que des matricules pour ceux du haut.

On ne peut que s’étonner de la volonté farouche de cette caste dirigeante cherchant toujours à gravir coûte que coûte de nouveaux échelons, prête à piétiner ceux du bas pour s’en servir de marche pied. Cette propension à se mettre en avant, cette avidité à toujours plus de reconnaissance auprès du microcosme dans lequel ils évoluent les rendent aveugles.

Ils s’imaginent importants  alors qu’ils ne sont, comme tous les Hommes, que des êtres de rien, perdus dans une double infinité. Perdus dans l’infini de l’espace, sur un minuscule point bleu, et perdu dans une vie si brève au regard de l’infinité du temps. Et pourtant, ils sont convaincus d’être importants…

Pour finir, les salariés de Beauchamp espèrent ne plus vous voir. Respectez au moins cette dernière volonté.

 

(article publié à l'origine le 01/09/2018)

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commentaires

Salarié 10/09/2018 11:40

Bravo !

Salarié 02/09/2018 01:54

N'avait-il pas osé affirmer lors des réunions aux 270 salariés de Beauchamp que les postes de reclassement interne avaient été longs à trouver, mais qu'il voulait absolument proposer des postes qui soient pérennes...
Quelques jours après, les 54 postes identifiés de Pontchâteau disparaissaient corps et âmes...
Le mensonge fait aux condamnés.