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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 23:38

Un personnel sonné. La direction de 3M France a annoncé, le 22 juin, au comité central d’entreprise et au comité d’établissement, le projet de fermeture de son site industriel de Beauchamp. D’ici au premier trimestre 2019, ce sont 280 postes qui doivent être supprimés. « Le centre technique client (Ctc), qui comprend cinquante-quatre personnes, n’est pas concerné et sera probablement transféré à Cergy », explique un porte-parole du groupe.

Plan de sauvegarde de l’emploi à la rentrée

La direction a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi (Pse) « dans les semaines à venir ». Probablement à la rentrée. Cette annonce, qui constitue un choc, n’est, en même temps, pas tout à fait une surprise. Cela fait déjà un moment que les syndicats expriment leurs craintes.

L’usine 3M, créée en 1952 sur un site de quarante hectares, fut la première en France pour le groupe américain. Un symbole, comme Michelin à Clermont-Ferrand, ou Dassault à Argenteuil. Près de 1 100 personnes travaillaient là, dans les années 80. Au moment où les derniers salariés de Beauchamp auront fait leurs valises, 600 employés pourront emménager dans les locaux flambant neufs du nouveau siège, que 3M s’apprête à reconstruire à Cergy, rue des Chauffours… Tout un symbole.

En un peu plus de trente ans, l’usine a vu ses effectifs se réduire comme peau de chagrin. Dernières productions parties : les Post-it© imprimés, délocalisés en Allemagne en 2009, puis celle des rouleaux Scotch©, cinq ans plus tard, à Hutchinson (États-Unis) et Janinow (Pologne).

Départ des Post-it© imprimés et du Scotch©

L’adhésif était fabriqué depuis quasiment l’origine à Beauchamp. Beauchamp était devenu un site « à l’agonie » selon Fo, qui faisait le décompte à la baisse, mois après mois, des effectifs…

En 2013, la direction assurait pourtant qu’il n’était « absolument pas question de fermer l’usine. Nous investissons fortement sur le site de Beauchamp : 4 millions d’€ en 2013 ».

Le discours n’est plus le même aujourd’hui. Le site de Beauchamp, où l’on fabrique encore des Post-it©, des éponges Scotch Brite© et des produits pour le nettoyage professionnel, « est confronté à une hausse significative de ses coûts de production et à une baisse continue de ses volumes ». 3M évoque une perte de 12 millions d’€ entre 2013 et 2016. Et les prévisions indiquaient « une aggravation » à venir.

À la veille de partir en vacances, l’annonce a plongé les salariés « dans l’accablement ». Pour Fo, c’est la direction qui est responsable de cette situation. « On n’a cessé de voir des productions s’en aller, sans être remplacées. Cela ne laissait augurer rien de bon », confie Alain Doublet qui dénonce le « dumping fiscal et social de 3M au sein du continent européen. Quand on voit une partie de la Rh (ressources humaines, Ndlr) délocalisée en Pologne, c’est quand même aberrant ».

Pour l’instant, pas question de lancer un mouvement social, sauf si 3M « essaye de racler les fonds de tiroir dans le Pse ». Tilloy-lez-Cambrai (Nord), Pontchâteau (Loire-atlantique) ou Saint-Ouen-l’Aumône pour les plus chanceux : tels pourraient être les points de chute des futurs reclassements internes.

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Published by FO 3M France
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